Subtilité dÜlferienne

Ouverture en 1982 par M Batard / C Delamonica / M Piola - TD+

Sur une idée de Thomas nous montons au refuge de l’envers des Aiguilles de Chamonix, rejoindre nos deux autres amis, Jérémy et Antoine partis le matin pour réaliser une autre voie le premier jour. 

Nous avions plusieurs idées en tête, mais en arrivant le soir au refuge et après avoir discuté avec les autres cordées, notre choix se confirme, nous sommes les seuls à vouloir aller là-bas et partons à 4 copains dans Subtilité Dülferienne. 

Nous avions tous les quatre beaucoup entendu parler de cet itinéraire, comme étant une superbe voie, mais bien plus difficile qu’annoncée sur le papier. Nous souhaitions donc voir cela par nous même.

Nous partons tard, à 7h40 du refuge et atteignons rapidement le pied de la voie situé à 20min du refuge. Une autre cordée était présente pour réaliser “Tout va mal” une voie plus moderne juste à coté de notre voie et également notre itinéraire de descente. Nous entamons notre ascension autour de 9h. 

Le fameux dièdre de 60m de Subtilité-5c ©JBGondouin
Départ commun de Subtilité et Tout va mal ©JBGondouin
La longueur en banane-5c ©JBGondouin
Toute la bande dans le dièdre de subtilité Dülferienne ©JBGondouin

La première moitié de la voie nous met en condition avec de belles longueurs variées tel que le dièdre fissure en  banane, une superbe longueur mais qui se mérite.

Ensuite, nous enchaînons par des longueurs plus faciles jusqu’à ce que la paroi commence à se redresser. C’est là que tout commence !

Nous rejoignons le dièdre de 60m, et grimpons cette merveille, non sans efforts, et comprenons pourquoi les gens aiment à dire que la cotation de cette voie est sévère.

Néanmoins, quand on s’habitue au style, on peut aussi comprendre pourquoi les ouvreurs ont mis cette cotation. 

Les fissures cheminées qui grimpent 5b ©JBGondouin
La Mer de glace et la chaine des Périades dans les nuages ©JBGondouin
Thomas dans l'avant dernière longueur de Subtilité Dülferienne ©JBGondouin

La suite est très loin d’être plus facile et nous a semblé pour le coup, sous côté. L’équipement est quasi inexistant, la recherche de l’itinéraire se complique très nettement et les protections ne sont pas toujours si évidentes à placer.

Néanmoins, les longueurs sont superbes, l’itinéraire ingénieux et on a parfois du mal à croire que ça va pouvoir passer par là où l’itinéraire est supposé passer !

Nous rejoignons “Tout va mal ” trois longueurs sous le sommet, il est 15h passé, nous savons que la journée va être longue ! 

Les trois dernières longueurs grimpent encore et le 6a+ sous l’antécime fini de nous achever. Nous sortons tous les quatre fatigués, mais heureux, un peu avant 17h au sommet de l’aiguille du Roc.

S’ensuit une descente en rappel assez technique avec des risques de coincement. Nous gérons bien les premiers rappels malheureusement pour nous, à trois rappels de la fin une de nos cordes va s’échouer dans une minuscule fissure et nous perdrons une bonne demi-heure à aller la débloquer. Nous atteignons finalement le pied de la voie à 19h30.

Antoine et Jeremy avaient prévu de passer une troisième journée sur place. Thomas et moi étions attendus en vallée le lendemain.

Après une courte pause au refuge, nous enchaînons avec la descente jusqu’à Chamonix (trois heures de marche).

Nous sommes chez nous avant minuit, encore une belle journée en montagne !

Le sommet de l'aiguille du Roc ©JBGondouin
La chute de séracs de la salle à mangé et le glacier du Géant au loin ©JBGondouin
Antoine heureux d'atteindre la terre ferme à 19h30 passé ©JBGondouin
Le bassin de Talefre s'offre à nous ©JBGondouin